La nuit du samedi 24 au dimanche 25 janvier 2026 a été particulièrement tragique pour les habitants de la localité de Musenge, dans le groupement Mwenye, territoire de lubero au Nord-Kivu.
Cette attaque survient après plus de dix jours d’alertes sur des mouvements suspects signalés dans la zone et quelques jours seulement après le massacre de Mausa, survenu dans le même groupement. Face à cette situation sécuritaire préoccupante, l’armée avait tenté de renforcer sa présence dans les villages de Masoy et Musenge afin de rassurer la population.
Cependant, aux environs de 21 heures, une incursion armée a été signalée dans la localité de Musenge. Lors du déploiement des forces, deux militaires des FARDC ont été tués dans une embuscade, selon des sources locales concordantes.
Au matin de ce dimanche, la société civile et les notables locaux, présents sur place, ont fustigé cette nouvelle attaque.
L’un des notables de la place, Antoine Wasingya, a vivement déploré cet incident qu’il attribue à la faible présence effective de l’État dans cette zone. Il a appelé les autorités à renforcer urgemment la présence de l’État afin de rassurer la population et de rétablir le contrôle sécuritaire.
« Face à la sécurité des populations, l’État n’a pas d’excuses à donner. Il doit simplement assurer la protection de son peuple par tous les moyens », a-t-il déclaré.
Antoine Wasingya a également dressé un bilan provisoire faisant état d’une dizaine de maisons calcinées, dont au moins quatre bâtiments importants, parmi lesquels un bâtiment abritant la Radio communautaire de Musenge. Une partie du secteur catholique de Musenge a aussi été incendiée.
Le prêtre de la paroisse, l’abbé Dalmon, a échappé de justesse à la mort grâce à l’intervention des FARDC.
De son côté, le coordonnateur de la Nouvelle Société Civile Congolaise, rencontré sur place, a condamné fermement ces attaques, déplorant également la mort des militaires engagés pour la protection de la population.
Il a exprimé sa profonde inquiétude quant au sort qu’auraient connu les civils si ceux-ci ne s’étaient pas déjà déplacés après les signes précurseurs observés dans la zone.
Parmi les déplacés rencontrés sur les axes routiers, la revendication est claire et unanime : le déguerpissement de tous les groupes armés opérant dans la zone allant de Butuhe à Nziapanda. Pour ces populations, la prolifération des groupes armés vivant au détriment des civils crée une confusion persistante quant à l’identité réelle des auteurs de ces attaques, attribuées aux présumés ADF.
Eric Masete