Le Gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a officiellement lancé, jeudi 5 novembre 2026 à Kinshasa, le processus de digitalisation des recettes judiciaires et d’interconnexion des juridictions, des offices de parquet et des établissements pénitentiaires. Cette initiative vise à moderniser l’administration de la justice, renforcer la transparence dans la gestion des frais judiciaires et à améliorer la qualité des services rendus aux citoyens.
Portée par le ministère de la Justice, avec l’appui technique du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le financement de l’Union européenne, cette réforme prévoit notamment l’introduction d’un système numérique de paiement des frais de justice. Celui-ci devra progressivement remplacer les mécanismes manuels de perception par un dispositif sécurisé, traçable et vérifiable.
Grâce à cette innovation, les autorités compétentes pourront accéder à des informations fiables sur les recettes collectées, les juridictions concernées ainsi que les différentes transactions effectuées. L’objectif est notamment de mieux contrôler les flux financiers et de limiter les irrégularités dans la perception des frais judiciaires.
La réforme comprend également la mise en place d’une infrastructure numérique commune permettant de connecter les juridictions, les offices de parquet et les établissements pénitentiaires. Cette interconnexion devrait faciliter les échanges d’informations entre ces différentes institutions, améliorer leur coordination et garantir une meilleure continuité des services judiciaires.
Pour les justiciables, les changements attendus concernent principalement la simplification des procédures de paiement, la réduction des délais et un accès plus transparent aux informations relatives aux frais légalement exigibles. Le nouveau système devrait également contribuer à prévenir les pratiques de surfacturation, les perceptions irrégulières et les pertes de preuves de paiement.
La cérémonie de lancement a été présidée par le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali. Elle a réuni notamment le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba Lubalala, l’ambassadeur de l’Union européenne en RDC, Douglas Darius Carpenter, ainsi que le représentant résident du PNUD, Kamil Kayode Kamaluddeen, aux côtés de plusieurs responsables des institutions judiciaires et pénitentiaires.
Prenant la parole à cette occasion, le ministre de la Justice a présenté cette initiative comme une étape importante dans la transformation de l’administration judiciaire congolaise. « Cette réforme constitue une étape majeure dans la modernisation de l’administration de la justice et dans la lutte contre les pratiques susceptibles d’affecter la transparence et la crédibilité du système judiciaire », a-t-il déclaré.
L’Union européenne a, pour sa part, réaffirmé son engagement à accompagner les efforts de la RDC en faveur de la consolidation de l’État de droit, de la redevabilité des institutions publiques et de l’amélioration de l’accès à une justice de qualité.
Le PNUD a également renouvelé sa disponibilité à soutenir le Gouvernement dans la mise en œuvre de solutions numériques durables, sécurisées et inclusives. L’agence onusienne insiste notamment sur l’appropriation nationale de ces outils, le renforcement des compétences locales et la pérennisation des investissements consentis. Avec le lancement de ce dispositif, les autorités congolaises et leurs partenaires espèrent franchir une nouvelle étape dans la modernisation du secteur judiciaire, en misant sur le numérique pour améliorer la gestion des recettes publiques et rendre les services de justice plus transparents et accessibles à la population.
Tsongo Ramazani