novembre 5, 2026

Le personnel soignant affecté au Centre de traitement Ebola (CTE) de l’Hôpital général de référence d’Oïcha, au Nord-Kivu, dénonce la dégradation de ses conditions de travail et de prise en charge des malades. Dans un mémorandum rendu public ce mercredi 4 novembre 2026, les agents de la riposte contre la maladie à virus Ebola, dénoncent notamment le manque d’équipements médicaux, l’insuffisance des kits destinés aux patients ainsi que le non-paiement de leurs primes depuis quatre mois. Ils accordent aux autorités un ultimatum de 48 heures pour répondre à leurs revendications.

Dans leur déclaration, les agents déplorent les conditions dans lesquelles les patients suspects et confirmés sont pris en charge au sein du CTE. Ils dénoncent également l’absence de réaction des autorités face aux difficultés auxquelles ils sont confrontés. « Nous travaillons dans des structures non normées, ne permettant pas aux malades d’être pris en charge dans des conditions humaines. Nous faisons face au manque d’équipements et de matériel de prise en charge médicale, à l’absence de kits d’hospitalisation pour les malades admis au CTE, ainsi qu’au manque de kits de sortie », déplorent-ils. À ces difficultés s’ajoute le non-paiement des primes de prestation de l’ensemble du personnel, tous piliers confondus, depuis quatre mois. Une situation qui, selon eux, accentue la démotivation des équipes exposées aux risques liés à la maladie.

Face à ce qu’ils qualifient de conditions de travail « insupportables et inhumaines », les signataires du mémorandum appellent les autorités compétentes à prendre leurs responsabilités et à apporter des solutions durables. Ils préviennent qu’une absence de réponse dans les 48 heures pourrait entraîner une action dont ils n’ont pas encore révélé la nature. « C’est pourquoi, dans le souci d’interpeller les autorités afin qu’elles trouvent des solutions durables aux défis précités, nous leur accordons un ultimatum de 48 heures. Dépassé ce délai, nous, agents affectés au CTE d’Oïcha, promettons de passer à une action encore gardée dans le secret », préviennent-ils. Ils réclament également une prise en charge digne des malades et le paiement de leurs primes, insistant : « Trop, c’est trop ! La population de la zone de santé d’Oïcha a droit à la vie et non à la discrimination dans la prise en charge. Le personnel, tous piliers confondus, affecté au CTE doit être traité avec dignité et voir ses prestations motivées par le paiement d’une prime ».

Cette alerte intervient dans un contexte de progression de l’épidémie d’Ebola dans la zone de santé d’Oïcha. Selon la situation épidémiologique présentée ce mercredi 4 novembre 2026, 110 cas avaient déjà été confirmés, dont plus de 40 patients étaient encore actifs au Centre de traitement Ebola. Les revendications du personnel interviennent ainsi au moment où les besoins de prise en charge des malades et de mobilisation des équipes de riposte restent particulièrement importants.

Mbusa Masete Eric

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